Plus pour reflechir sur le Comandante Fidel Castro, de la part d´une amie.

0012065919

 

Il y a un peu plus d’une semaine que mon compagnon m’a annoncé, de but en blanc, sans y mettre de précaution particulière et c’était sans doute mieux ainsi : « Fidel est mort ». On s’est regardés, une expression indéfinissable sur nos visages, une brume dans nos yeux, sans vraiment comprendre ni réaliser. Et puis j’ai entendu ma propre voix : « Fidel est mort ! Fidel est mort ! ». Comme pour tenter de saisir le sens des mots que je prononçais, je les répétai trois ou quatre fois, je ne sais plus, tout est flou.

Je ne crois pas m’être ruée sur les medias. J’ai simplement cherché méthodiquement à vérifier, avec l’espoir que peut être c’était faux. Mais au fond de moi, je sentais que cette fois-ci, il n’y avait pas de mensonge, pas de malveillance de la part des habituels sinistres détracteurs ; juste une vérité froide et tranchante. Le Comandante s’en est allé. J’ai entendu l’allocution de Raul. J’ai su. Et un abîme s’est ouvert pour l’avenir de Cuba.

Une tristesse plus profonde que je n’aurais pu l’imaginer s’est emparée de moi. J’ai vu défiler devant mes yeux une quantité impressionnante d’images, et des sensations associées aux souvenirs venaient simultanément étreindre mon cœur. Le sucre de la guayaba tentait de prendre le dessus sur l’amertume de la peine, sans grand succès. Je n’arrivais pas à refuser la nouvelle, sans pour autant parvenir à l’accepter. Fidel. Cuba.

Cuba… Comment expliquer avec rationalité quelque chose d’insaisissable ? Je suis tombée amoureuse de Cuba lorsque j’avais 15 ans. Comme on tombe amoureux à l’adolescence, avec passion, déraison sans doute. J’ai plongé dans ce pays, son histoire, sa géographie, sa culture, sa langue, ses artistes, sa littérature, sa politique. Et cet amour jamais ne s’est démenti, jamais ne m’a quitté ou ne s’est étiolé. Au contraire, il a au fil des années acquis la profondeur et la solidité d’un amour en maturation et il s’est accompagné et renforcé de fondements rationnels. Et bien entendu, rien de tout cela n’aurait eu de sens sans un lien intrinsèque avec Fidel Castro.

J’ai écouté Fidel, j’ai lu, j’ai étudié, j’ai réfléchi, j’ai critiqué, j’ai débattu, j’ai écrit. Une admiration sans borne est née pour ne jamais s’éteindre. Une fascination aussi, pour un homme hors du commun. Un homme qui mêlait un très haut degré d’engagement humain, une capacité de travail, un courage politique et une force intellectuelle sans équivalents. Un homme qui toute sa vie aura porté un regard critique sur le monde, sans aucun doute un visionnaire. Toutes les contradictions qui font les êtres humains traversaient Fidel, comment cela aurait-il pu en être autrement ? En revanche, comment ne pas saluer sa constance, sa ténacité, son opiniâtreté à défendre d’autres opinions, d’autres solutions, dans un monde idéologiquement uniformisé par la force des plus puissants ?

Lorsque je pense à Fidel – et c’est le sentiment que je souhaite garder et transmettre – j’ai une très vive et intense émotion. Une immense fierté politique et citoyenne, que ce monde ait connu une personne comme Fidel Castro, qui ait su tenir tête et se tenir droit, qui ait su rectifier des erreurs, toujours se remettre en question, ne jamais abandonner, inspirer à ce point la jeunesse ! C’est un des plus grands exemples de l’Histoire. Mais c’est aussi une émotion intime, comme lorsque l’on perd un proche. Je crois que ce sentiment, doublé d’un très grand respect, est sincèrement partagé par les Cubaines et les Cubains, par les Latinoaméricains qui voient s’éteindre un phare dans leur histoire et pour leurs luttes politiques et sociales à échelle continentale, et par d’innombrables personnes dans le monde qui partageaient les valeurs et avaient fait leur le combat de Fidel pour le progrès humain.

Depuis hier, dimanche 4 décembre 2016, Fidel Castro Ruz repose à Santiago de Cuba, terre de révolution, berceau de grands espoirs et de fascinantes victoires, pour Cuba et pour le monde.

Mais Fidel demeure, démultiplié dans tous les cœurs et dans tous les combats qu’il nous reste à mener. Fidel ne saurait disparaître.

Il incombe maintenant à toutes celles et tous ceux qui ont eu l’honneur de le connaître, et de partager avec lui des années de vie, de lutte et d’espoir, de poursuivre cet engagement pour un monde meilleur. L’indispensable transmission politique et idéologique doit s’accompagner d’une action individuelle et collective. Nous saurons relever le défi, Comandante.

Claire Chastain

 

Anuncios
Esta entrada fue publicada en América Latina, Bélgica, Cuba, EEUU, Europa, Francia, Política, Unión Europea y etiquetada , , , , , , , , , , , . Guarda el enlace permanente.

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s