Lettre ouverte d’un Cubain à Donald J. Trump.

«Laissez Cuba tranquille M. Trump, parce qu’ici, comme l'a dit Fidel, nous n’avons absolument pas peur. Si vous ouvrez les mains pour construire de nouvelles voies de compréhension, avec respect, nous les cubains aurons les bras ouverts.» Photo AFP

«Laissez Cuba tranquille M. Trump, parce qu’ici, comme l’a dit Fidel, nous n’avons absolument pas peur. Si vous ouvrez les mains pour construire de nouvelles voies de compréhension, avec respect, nous les cubains aurons les bras ouverts.» Photo AFP

Par Miguel Fernández Martínez, un parmi les 11 millions de Cubains, La Havane, Cuba, le 28 Novembre 2016.

M. Donald J. Trump,
Les cubains ont lu avec intérêt votre récent grossier et malheureux message, après la nouvelle de la mort du leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro.
Intentionnellement, vous avez offensé, non seulement 11 millions de Cubains, mais des centaines de millions d’êtres humains à travers le monde qui reconnaissent, contrairement à vous, la grandeur de Fidel et son immense stature politique, idéologique et humaniste.
Je vous confesse que je n’avais aucunement espoir que vous ayez des mots de condoléances, mais je pensais que vous auriez l’éthique et la morale d’au moins garder le silence devant l’adversaire mort. Mais j’oubliais que vos codes d’éthique, de moralité et d’honneur, sont très éloignés de ceux que pratiquent la majorité des gens bien.
Mais je ne vous écris pas pour interroger sur vos insuffisances. Je le fais pour vous faire savoir, en réponse, ce que pense un cubain de la rue de l’homme immense qui vient de mourir, et de l’espérance qu’il nous laisse pour l’avenir.
On voit que vos connaissances de l’histoire sont limitées, M. Trump. Il est probable que vous ayez passé tant de temps à exploiter des êtres humains pour construire l’immense fortune qui est la vôtre, qu’il ne vous ait pas resté de temps pour vous éclairer sur l’histoire des pays voisins.
L’héritage de Fidel Castro est immense, M. Trump. L’histoire de la seconde moitié du XXe siècle et ces années du XXI sont marquées par sa pensée, par sa lutte permanente pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas, pour défendre les dépossédés de cette terre, pour parvenir à un monde plus équitable et juste, où, sans aucun doute, des personnages comme vous n’auront pas leur place.
Vous montrez une ignorance absolue quand vous dites dans votre message que Fidel Castro a nié les droits humains fondamentaux aux Cubains. Dommage que vous n’ayez pas eu le temps de visiter Cuba et de voir de vos yeux ce qui a été réalisé jusqu’à présent, grâce à l’œuvre révolutionnaire de Fidel.
Quand vous dites que Fidel a violé les droits de l’homme fondamentaux des Cubains, vous oubliez que grâce aux orientations politiques de la révolution qu’il a dirigée, Cuba est le seul pays en Amérique latine sans malnutrition infantile, selon un rapport de l’UNICEF, qui a par ailleurs qualifié cette petite île que vous offensez aujourd’hui de paradis international de l’enfance.
Cuba a également le plus faible taux de mortalité infantile d’Amérique, a formé plus de 130.000 médecins en 55 ans, le système de santé cubain est un exemple pour le monde, et aucun des 200 millions d’enfants qui dorment dans les rues, n’est cubain.
Bien que vous ne sachiez pas, mon pays utilise 54 pour cent du budget national pour les services en services sociaux, -éducation, santé publique, culture-, il a l’un des taux de développement humain les plus élevés, malgré le blocus économique, commercial et financier criminel que votre pays applique à cette île depuis plus de 50 ans, et vous que défendez et persistez à maintenir.
M. Trump, comment osez-vous dire que le commandant Fidel Castro a nié les droits de l’homme fondamentaux de son peuple ? Qui vous a dit un si grand mensonge ?
Encore une fois, vous vous trompez en pensant qu’avec la mort de Fidel Castro, la Révolution qu’il a fondée et consolidée, s’écroulera. Ne vous laissez pas berner par les mauvais conseillers qui ont à ses côtés.
Le jour d’aujourd’hui, contrairement à ce que vous pensez, marquera une réaffirmation des idées de Fidel, un engagement à aller de l’avant, en corrigeant les erreurs , et en essayant de construire une société plus juste et durable. Ce sera le seul futur merveilleux que nous espérons nous autres Cubains, et non pas celui que vous sous-entendez.
Si les «tragédies, morts et douleurs” causées par Fidel Castro étaient réalité, comme vous le dites dans votre message, comment s’explique alors le sentiment de tristesse que partagent aujourd’hui autant de Cubains ? Ou comment expliquez-vous les larmes des étudiants de l’université en apprenant sa mort?, Comment expliqueriez-vous les millions de messages de solidarité reçus de nombreuses régions du monde.
Je n’ai aucun doute que vous êtes mal conseillé sur le thème de Cuba. J’en suis convaincu quand je vois que vous n’écoutez que ces cubano-américains vétérans de la Brigade mercenaire 2506, qui ont été mis en déroute en seulement 72 heures par le peuple cubain, et ont donné de larges preuves de lâcheté quand ils ont été capturés.
Ne pas continuez pas de croire les histoires de ceux qui circulent à Miami, vivant aux frais des contribuables américains, qui ont fait une industrie de la nostalgie, en espérant qu’un président des États-Unis leur réalise la tâche qu’ils n’eurent pas le courage de faire.
N’écoutez pas ceux qui, depuis plus de 50 ans, ont semé la terreur et la mort parmi le peuple cubain, et qui se cachent de la justice dans diverses villes américaines.
Excusez , M. Trump, que le ne vous appelle pas Président. Vous ne l’êtes pas encore et il reste beaucoup de doutes à clarifier avant votre investiture en Janvier prochain. Mais je vous suggère de vous préoccuper d’avantage des énormes différences sociales qui existent aux États-Unis, d’améliorer les systèmes de santé, d’élever la qualité de l’enseignement public, de respecter les jeunes et les femmes et aussi les immigrants, qui ont joué un rôle fondamental dans l’histoire de ce grand pays.
Laissez Cuba tranquille M. Trump, parce qu’ici, comme l’a dit Fidel, nous n’avons absolument pas peur. Si vous ouvrez les mains pour construire de nouvelles voies de compréhension, avec respect, nous les cubains aurons les bras ouverts.
Mais s’il vous venait l’idée de nous attaquer, vous subirez le même sort que les 11 présidents qui vous ont précédé, et vous vous heurterez à un peuple digne, prêt à se défendre jusqu’aux dernières conséquences.
Recevez l’expression de ma très haute considération personnelle,
Miguel Fernández Martínez

 

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