Deux femmes aux manettes du rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba.

Les discussions sur la normalisation des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba commencent véritablement ce jeudi à La Havane, avec pour la première fois depuis 35 ans la visite officielle d’une haute représentante du département d’Etat américain, Roberta Jacobson, en charge des affaires occidentales.

Roberta Jacobson est arrivée ce mercredi 21 janvier à La Havane. Secrétaire d’Etat adjointe pour les affaires américaines, c’est la fonctionnaire américaine de plus haut rang présente à Cuba depuis 1980. C’est donc une visite historique qui prend corps, cinq semaines après l’annonce conjointe des présidents Barack Obama et Raul Castro sur le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, et la libération de prisonniers respectifs. Des relations qui sont rompues entre La Havane et Washington depuis 1961, avec cinquante années d’hostilité et d’embargo américain toujours en vigueur, rappelle notre envoyée spéciale à La Havane Véronique Gaymard.

Roberta Jacobson a pour interlocutrice côté cubain une autre femme, Josefina Vidal, considérée comme l’une des meilleures spécialistes cubaines de la politique américaine et des Etats-Unis, le « sinistre empire », comme l’a qualifié un jour l’ancien président Fidel Castro. Diplomate de carrière, elle a passé plusieurs années dans la section d’intérêts cubains à Washington. Cette mission lui a permis d’établir de précieux contacts dans les milieux politiques et universitaires. C’est en 2013, lors d’un discours à la Colombia University de New York, que Josefina Vidal appelle les Etats-Unis à repenser leur politique à l’égard de La Havane. Selon cette diplomate, Cuba a plus changé ces trois dernières années que pendant les deux dernières décennies. Ceux qui l’ont côtoyée, côté américain, louent son professionnalisme.

 

Le programme des discussions de la journée

 

Connue pour son franc-parler et parlant parfaitement l’anglais, elle connaît très bien Roberta Jacobson qui dirige la délégation américaine. Les deux diplomates s’apprécient mutuellement, ce qui devrait faciliter la rencontre. Et le journal Miami Herald d’ironiser : « Les deux ont une opportunité en or de prouver que les femmes sont de meilleures négociatrices. »

 

Sur le fond, les discussions devraient porter dans la matinée sur les modalités et le calendrier de la reprise de ces relations diplomatiques, et sur l’ouverture d’ambassades respectives. La réouverture d’une ambassade sera d’ailleurs au menu des discussions du jour entre la secrétaire d’Etat adjointe Jacobson et ses interlocuteurs cubains. Washington demande un libre accès à ses locaux diplomatiques par les Cubains, et comme le prévoient les conventions, la possibilité de nommer une équipe sans restriction sur le nombre de diplomates, qui devront en outre bénéficier d’une totale liberté de mouvement. Les Etats-Unis s’engagent à la réciprocité.

 

 

 

Vers la fin de l’embargo ?

 

Dans l’après-midi ce jeudi, les pourparlers aborderont également les relations bilatérales entre les deux pays. Hier mercredi, des discussions sur les questions migratoires se sont déroulées sans aucun accord concret. Sur le fond, Cuba demande aux Etats-Unis un véritable changement et l’abrogation de la loi d’ajustement de 1966 qui octroie des facilités aux migrants cubains. Et de leur côté, les Cubains accueillent favorablement cette visite mais se demandent s’ils seront véritablement les bénéficiaires de cette normalisation annoncée.

 

Côté nord du détroit de Floride, quels que soient les sondages, la tendance est la même, les Nord-Américains approuvent le rapprochement avec La Havane : d’après le centre de réflexion Pew Research, qui publie une étude détaillée sur le sujet, l’âge, la communauté, l’appartenance politique des personnes interrogées ne change rien au sentiment général. Ils sont plus de 60% à penser qu’il faut rétablir les relations diplomatiques avec Cuba, et mettre un terme à l’embargo. Le Congrès devra voter la fin de l’embargo, et le Parti républicain, majoritaire, n’est pas unanime. C’est vrai qu’on entend surtout les opposants au projet, mais certains élus conservateurs, en coulisse, estiment comme leurs électeurs qu’il ne faut pas passer à côté de l’histoire.

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