Pas à pas, Cuba avance.

Le président Raul Castro a ouvert de vastes chantiers pour remettre Cuba à flot. Confrontée à la crise structurelle, au blocus américain depuis plus de cinquante ans (100 milliards de dollars de perte, selon La Havane) et à la récession mondiale, l’île se trouve dans l’obligation de se réformer. Raul Castro n’a caché ni la nécessité ni l’urgence de procéder à une « actualisation » du modèle socialiste cubain soufrant de maux tels que la faible productivité, la dépendance alimentaire, la corruption, une administration pléthorique. En avril 2011, le Parti communiste de Cuba (PCC) a adopté, lors de son VIIe congrès, un train de réformes, économiques et sociales, approuvé par le Parlement cubain. Fini le temps de « l’égalitarisme » et du « paternalisme », place à une stratégie de développement fondée sur une ouverture plus grande de l’économie étatique au secteur privé. Parmi les décisions les plus importantes, figurent le droit pour les travailleurs indépendants d’embaucher des salariés. Une mesure prise pour absorber la suppression à plus ou moins long terme d’un million de salariés dans le secteur de l’État.

Ne pas brader les acquis

La mise en œuvre de ces réformes s’avère lente, mais, déjà, les Cubains découvrent ce qui ressemble à une économie de marché : l’initiative privée, les petits commerces, les terres concédées en usufruit, l’achat de véhicules et de logements, le crédit bancaire aux particuliers, l’apparition de coopératives de taxis, la fusion d’ici à 2015 des pesos cubains et des pesos convertibles. La création de la « zone spéciale de développement » autour du port de Mariel et l’adoption, en mars dernier, d’une nouvelle loi sur les investissements étrangers ont suscité un vif intérêt à l’échelle internationale. L’objectif est de rendre l’économie cubaine de plus en plus compatible avec celle de ses principaux partenaires dans la région (Venezuela, Brésil, Argentine, Équateur, Bolivie), sans brader les acquis nés de la révolution tels que l’éducation, la santé et la protection sociale. Dans l’avenir, les dirigeants cubains ne devraient plus rester au pouvoir plus de deux mandats de cinq ans, une mesure que Raul Castro entend lui-même respecter. Cette initiative ne craint pas de bousculer le conformisme dans ce pays à parti unique, où les dirigeants issus de la génération « historique » de la révolution ont tardé à préparer la relève. Dans quelle mesure cette dynamique, en même temps que montent les besoins d’une diversification de l’information et du débat public, va-t-elle influer sur le cours des transformations ? C’est tout l’enjeu de Cuba, en quête de son propre modèle.

Anuncios
Esta entrada fue publicada en América Latina, Bélgica, Cuba, Economía, EEUU, Europa, Francia, Opinión, Política, Sociedad, Subversión, Unión Europea y etiquetada , , , , , , , , , , , , . Guarda el enlace permanente.

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s