Présidence de l’UMP : quel score pour Nicolas Sarkozy ?

Les militants connaîtront samedi soir le nom de leur nouveau président. L’ancien chef de l’État est archi-favori face à ses rivaux Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Une victoire confortable le placerait en position de force pour la présidentielle de 2017.

Tout est possible ce samedi soir à l’UMP, ou presque. Si l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti est considérée comme une certitude par ses partisans comme par ses adversaires, le suspense planera jusqu’au bout sur le score de chacun des trois candidats. Le scrutin sera clos à 20 heures. La Haute Autorité, qui l’organise, se fait fort d’annoncer les résultats à 20 h 45 au plus tard.

C’est dans le camp de Sarkozy que le refus de tout pronostic est le plus net. En 2004, lors de sa première élection à la tête du parti, il avait recueilli 85,09 % des voix face à Nicolas Dupont-Aignan, qui en avait obtenu 9,1 %, et Christine Boutin, arrivée dernière avec 5,82 %. Cette fois, selon les sondages, il ne serait pas en mesure de rééditer cette performance. Son meilleur score dans le baromètre Odoxa sur les «souhaits» des sympathisants UMP date du 21 septembre: 71 % des sondés espéraient qu’il soit élu.

Mais ce sont les adhérents qui votent, et le duel entre Jean-François Copé et François Fillon a montré le décalage qui pouvait exister entre leur choix et les préférences des sympathisants. Pour couper court aux spéculations, Laurent Wauquiez, devenu l’un des piliers de la campagne de l’ex-président, a décrété qu’«un bon score est un score qui permet de gagner, c’est tout». Brice Hortefeux, l’ami de toujours, s’est emparé de l’un des arguments de campagne de Bruno Le Maire pour enfoncer le clou: l’ancien ministre de l’Agriculture a expliqué qu’il considérerait comme une «victoire» de provoquer un second tour. Pour son ancien collègue de l’Intérieur, si Sarkozy est élu dès samedi, ce sera donc une «grande victoire».

Contrairement à ses concurrents, l’ancien chef de l’État a dû se battre sur deux fronts à la fois, en interne et contre Alain Juppé, omniprésent sur la scène médiatique depuis la rentrée. Les deux campagnes, celle pour la présidence de l’UMP et celle de la primaire de 2016, se sont télescopées. En «off», les sarkozystes reconnaissent que les résultats de samedi auront des conséquences sur la suite.

«Si Nicolas fait 75 % des voix ou plus, non seulement il aura tué la contestation au sein de l’UMP, mais il bénéficiera d’une avance décisive dans la perspective de la primaire présidentielle de 2016, estime l’un d’entre eux. Il aura gagné sur les deux tableaux.» Un proche de Le Maire confirme, mais en mettant la barre à 80%: «À ce niveau, Sarkozy aura si bien solidifié son socle électoral à droite qu’il pourra rattraper son retard sur Juppé chez les sympathisants. À moins de 70% en revanche, il aura du mal à combler le fossé. Et s’il n’atteint pas les 65 %, les dix-huit mois qui restent avant la primaire risquent d’être trop courts pour qu’il regagne le terrain perdu.»

À chacun son objectif. En ce qui concerne sa propre performance, Le Maire a lui-même défini une grille de lecture. Il a estimé publiquement que s’il atteignait, voire dépassait 30 % des suffrages, ce serait un «séisme» politique. Dans ce cas, il pense qu’il pourrait s’autoriser tous les espoirs pour 2017, mais cela, il s’est bien gardé de le dire. Face à Sarkozy, il se présente même comme le seul qui soit prêt à se dévouer entièrement au parti, alors qu’en fait il n’a jamais renoncé à se présenter à la primaire. Tout juste a-t-il précisé que le futur patron de l’UMP, quel qu’il soit, devrait démissionner ses fonctions «à la minute même» où il annoncerait son intention de briguer l’investiture des militants pour la présidentielle.

30 %, ce serait le rêve, mais le candidat du «renouveau» estime qu’à 20 % sa démarche serait déjà «validée». Cette «estampille démocratique» lui permettrait de peser à l’UMP et obligerait les candidats déjà déclarés à la primaire à composer avec lui. D’où la position intransigeante sur laquelle campe le député de l’Eure: il a promis de travailler «en bonne intelligence avec Sarkozy» si les militants le choisissent samedi, mais il n’acceptera «aucun poste dans la direction» du parti et n’entend pas défendre le projet de l’ex-chef de l’État, qu’il juge «très différent» du sien.

Si Le Maire n’atteignait pas 10 % des suffrages, le choc serait sans doute rude pour lui et pour la soixantaine de parlementaires qui croient dur comme fer à son destin national. Même si beaucoup d’entre eux estiment, à l’instar de la députée-maire de Thionville Anne Grommerch, que «quel que soit son résultat, Le Maire a déjà gagné», et que sa voix «portera».

L’ambition d’Hervé Mariton est plus modeste. Le député de la Drôme se contenterait d’un «score à deux chiffres». Contrairement à son collègue de l’Eure, il n’a pas bénéficié des faveurs des médias. Il n’a donc pas réussi à combler son retard de notoriété. Seul parmi les trois candidats à s’être officiellement engagé à ne pas se présenter à la primaire s’il était élu, il a pu constater que l’argument portait peu dans une campagne dominée par la confusion des échéances. Reste son projet, économiquement libéral et conservateur sur le plan des mœurs, et surtout bien plus détaillé que ceux de ses concurrents. Mais l’échéance se prêtait-elle à un débat de fond? Rien n’est moins sûr.

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